Source : http://720lignes.blog.lemonde.fr, le blog de Joey Basset
Sur l’univers carcéral à la télévision, il y a « Oz », « Prison break » et, pour les fans du genre Gore, l’intégrale des interventions de Madame Dati. Rien de vraiment joyeux, donc. Et comme on ne peut pas toujours sangloter après le journal de vingt heures (il faut en garder pour l’ouverture du courrier), voici de quoi rester dans le sujet sans verser de larmes, sinon de rire. « Porridge », c’est justement cette comédie qui se passe en prison. C’est Anglais, ça date de 1973 et nous devons ça à Dick Clement et Ian La Frenais, deux scénaristes complices, qui ont participé, entre autres, à l’écriture du film « The commitments » ou du « Tracey Ullman Show ».
Pour l’histoire, vous l’avez compris, c’est celle de deux types qui font de la taule (« doing porridge »). Il y a le « pro » et il y a le « bleu ». L’habitué du cachot, le multirécidiviste comme on dit de nos jours (« habitual criminal » comme le qualifie le juge qui le condamne à 5 piges de placard), c’est Fletcher (Ronnie Barker de « Open All Hours ») toujours prêt à réclamer des droits qui n’existent que dans les projets les plus osés du parti le plus humaniste, toujours partant pour s’engatser avec le gardien Mackay (Fulton Mackay) et toujours à l’affut pour enfumer son collègue, le gardien Barrowclough (Brian Wilde). Et le nouveau venu, celui qui a eu la « chance » de se retrouver sous la protection de ce vétéran du trou, c’est Lennie (Richard Beckinsale de « Rising Damp »), le gars naïf (innocent ?) qui n’est quand même pas dupe jusqu’au bout, en tous cas pas tout le temps.
C’est assez bavard et, sans sous-titres, il vaut mieux avoir son dictionnaire d’argot à portée de main, mais c’est quand même bien drôle. Au fil des épisodes, Fletcher (alias « Fletch ») va apprendre à Lennie toutes les techniques de survie en milieu carcéral, de « comment tromper l’ennui » à « matons les matons». Toutefois, il n’est pas rare que ses combines se retournent contre lui, malgré son expérience et sa roublardise. Le comique se consume lentement, mais sûrement, et peut atteindre des sommets. Il faut juste être un peu patient et concentré, mais ça en vaut la peine.
Et comme un bon gros clip tiré de l’énorme flux (légal) de la BBC sur YouTube vaut mieux qu’un discours qui ne sait plus quoi raconter, je vous propose de jeter un œil sur l’extrait ci-dessous.
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Cette série connut trois saisons et 20 épisodes au total sont disponibles. Une suite fut produite en 1978 : « Going Straight » dont je vous parlerai quand j’aurais moins la flemme que ce matin. Les téléspectateurs Anglais continuent de placer très haut dans leur estime ce programme qui est devenu un classique chez nos voisins à melons et qui mérite franchement d’être redécouvert.
J.B. (Jail Bail)
« Porridge » est édité en DVD par ITV DVD