Source : http://720lignes.blog.lemonde.fr, le blog de Joey Basset

« Blackadder » : un nom, une lignée, quatre époques, quatre saisons, six épisodes à chaque fois. C’est pas clair ? Alors autant pour moi on reprend du début !
Cette saga comique est une création de Richard Curtis et Rowan Atkinson qui l’ont imaginé alors qu’ils collaboraient tous les deux au mythique « Not the Nine O’Clock News » . Elle nous raconte quatre morceaux de vie de quatre descendants du même nom, tous interprétés par Rowan Atkinson, à quatre époques différentes, dans quatre séries. Un autre personnage revient dans toutes les saisons : Baldrick (interprété par Tony Robinson), un crétin crasseux dont la lignée va traverser les siècles sans évoluer d’un gène, implacablement destinée au service le plus ingrat, condamnée pour l’éternité à se soumettre à un rejeton Blackadder.
La première époque, « The Black Adder », diffusée pour la première fois en 1983, se situe au moyen age. Edmund (Atkinson, donc) qui se fait appeler « the black adder » y est le fils cadet et mal-aimé du roi. La « dynastie » des Blackadder prend sa source très haut, elle ne pourra donc que dévaler la pente. Dans cette saison on retrouve Tim McInnerny, vraiment truculent dans le rôle de Lord Percy Percy, aristocrate idiot et peureux.
La seconde époque, « Blackadder II » qui fut produite et diffusée deux ans plus tard est déjà très différente et, disons-le, plus drôle encore que la première. Un ton et un style s’installent qui vont devenir une véritable « marque de fabrique ». Nous retrouvons cette fois Edmund, sarcastique jusqu’à l’acide, en conseiller de la reine Elizabeth (campée avec brio par Miranda Richardson) et toujours flanqué de son valet Baldrick et de son « ami » Lord Percy. Aux côtés de la reine, l’excellent Stephen Fry se la donne et nous régale en Lord Melchett tandis que Patsy Byrne soigne son personnage de Nanny stupide et déroutante.
Dans la troisième époque, intitulée « Blackadder the Third », Edmund a encore dévalé la pente. Certes, il est encore aux côtés du prince régent (Splendide interprétation de Hugh Laurie), mais il n’est plus que son valet, désabusé et aigri et ses sarcasmes ne sont plus là que pour le consoler. Le duo Atkinson-Laurie fonctionne à merveille et la paire Edmund-Baldrick a atteint sa vitesse comique de croisière. Nigel Planer (« The Young Ones ») Tim McInnerny font une apparition. La génération des Percy s’est éteinte entre-temps, et c’est bien logique vu le crétinisme qui affligeait les rejetons de ce nom.
La quatrième et dernière époque, « Blackadder Goes Forth », monte encore d’un cran dans la mécanique comique. On atteint le parfaitement splendide ou le splendidement parfait, vous choisissez, mais c’est génial. Nous sommes maintenant en 1917. Edmund est capitaine d’infanterie. Certes, ce descendant des Blackadders a repris un peu de galons mais le sort s’acharne toujours sur lui. Coincé au fond d’une tranchée, il tente désormais de survivre, au moins un jour de plus, histoire d’entretenir l’espoir d’un hypothétique retour sain et sauf. Les associations d’acteurs parfaites de la troisième époque ont été reconduites. Le capitaine Blackadder est bien sûr toujours flanqué de Baldrick, soldat de dernière classe, et assisté par le lieutenant Georges, alias Hugh Laurie lui-même. Stephen Fry endosse l’uniforme du général Melchett et Tim McInnerny charge de tics nerveux son « Captain Darling ». Et côté participations, Rik Mayall et Adrian Edmonson, excusez du peu. Oui, cette époque est décidément le bouquet final du feu d’artifice,
Par la suite, plusieurs « spéciaux » furent produits où l’on retrouve des Blackadders à différentes époques. Ces programmes, produits notamment pour les « Comic Relief », sont dans la même veine que les épisodes et figurent parfois dans les coffrets compilant la série (vérifiez avant d’acheter un coffret que celui-ci contient un maximum de ces épisodes spéciaux).
« Blackadder « est un grand classique de l’humour, un incontournable de la comédie, un sommet du comique, une référence universelle et c’est pour ça que s’il restait un seul téléspectateur francophone qui ignorait cette série alors, cette note n’est finalement pas si inutile et ce blog, finalement, pas si futile que me le disent tous ces gens avec de si gros poings pour de si petits « i ».
J.B. (The White Lizard)
« Blackadder » est édité en DVD par BBC Video
La page du site de la BBC consacrée à la série
Un site en anglais avec plein de bonnes choses sur la série dedans