Source : http://720lignes.blog.lemonde.fr, le blog de Joey Basset
On dira ce qu'on voudra, les Anglais, ils en produisent de la bonne, de la très forte qui vous laisse les yeux tout rouges et le souffle court. Et puis, ils nous approvisionnent régulièrement et veillent à ne jamais nous laisser en manque, nous qui aimons ça… Et lâchez ce téléphone, je veux parler de comédie, bien sûr.
« The Fast Show », c'est une de ces émissions à sketches dont les angliches se régalent entre un sandwich aux cornichons et une relève de la garde (non, rien que de la jalousie). Comme ses prédécesseurs illustres (A bit of Fry & Laurie , Not the Nine O'Clock News …), ce programme part dans tous les sens et patauge allègrement dans cet humour si particulier, ce « sarcasme consentant » que nos voisins maîtrisent si bien.
Cette fois, l'équipe de rigolos est conduite par Paul Whitehouse qui excelle à se grimer pour incarner toutes sortes de personnages bien abusés. Il est aussi mince que Benny Hill est gros, il est aussi flegme que Rick Mayall est nerveux et il est aussi talentueux que ces deux-là. Ses complices sont Charlie Higson (qui est aussi producteur sur le show), Simon Day (qu'on a pu voir cette année dans « Skins »), Mark Williams (qui joue Arthur Weasley dans la série cinématographique de « Harry Potter »), John Thomson (vu récemment dans l'excellente série « Kingdom »), Arabella Weir (également vue dans « Skins » et « Spooks ») et Caroline Aherne (scénariste et actrice de « The Royle Family »).
Comme dans « A Bit of Fry and Laurie », les mêmes personnages reviennent dans les mêmes situations, cette fois de façon encore plus systématique : certains sketches ne bougent pas d'un poil dans leur mise en scène, seuls les dialogues sont différents (je pense particulièrement aux séquences avec les commentateurs sportifs). Dans le court extrait ci-dessous, Whitehouse est « Unlucky Alf ». Ce n'est peut-être pas l'extrait le plus vendeur, mais c'est fait exprès, pour aiguillonner votre curiosité, pas pour embraser votre enthousiasme.
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Une foultitude d'autres personnages apparaissent dans le show (mon préféré est Ron Manager, le commentateur qui part en vrille). Contrairement à des programmes comme « Monthy Python Flying Circus » ou «A.B.O.F.A.L. » qui se laissent dériver avec délice vers l'absurde, l'humour (qui est essentiellement celui de Whitehouse et Higson) est surtout ici dans l'interprétation de personnages aussi savoureux qu'improbables et dans les dialogues qui tournent autour d'une « catch phrase ». Ceux d'entre vous qui pratiquent l'excellent « Tittybangbang » ou le déstabilisant « Little Britain » verront dans « The Fast Show » beaucoup de choses qui ont inspiré ces séries. Les amateurs éclairés de « Father Ted » et du plus récent « IT Crowd » remarqueront ça et là la « patte » de Graham Lineham, qui a également participé à l'écriture. « The Fast Show », c'est sans doute déconcertant au premier épisode, mais c'est jubilatoire dés le troisième et jouissif ensuite jusqu'à la fin.
En plus d'être un énorme succès en Angleterre, « The Fast Show » a propulsé son créateur et interprète principal Paul Whitehouse vers l'audimat Américain où, en censurant sensiblement son humour sans brimer son talent, il peut se faire une jolie place au soleil de Californie. Prions pour qu'il revienne très vite, pour nous en faire un autre gros, un puissant, un violent… Un Show, je veux dire.
J.B. (The Past Show)
« The Fast Show » est édité en DVD par 2 Entertainment Video