Le Grand Ordre de la Serviette : Esprit British et Humour Anglais

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Le Saint (The Saint)

Source : http://720lignes.blog.lemonde.fr, le blog de Joey Basset

saint.1238767489.jpg Heureusement pour elle, la télévision n’a pas que des scénaristes pour lui fournir des sujets, il y a aussi la littérature qui déborde de héros tout prêts et déjà testés. « The Saint » (en français « Le Saint ») est la transposition à la télévision (et dans les années soixante) d’un héros de romans des années 1920 : Simon Templar dont les aventures furent écrites par Leslie Charteris. Et ce programme marcha si fort que ses scripts furent ensuite publiés en romans, ce qui nous prouve que la télévision sait aussi rendre ce qu’elle prend (sauf le temps).

roger_moore_the_saint.1238767445.jpg Roger Moore voulait ce rôle pour lui. Il avait du flair car ce personnage, en plus de le confirmer comme une star du petit écran va le propulser sur le grand et presque sans changer de costard dans le rôle de James Bond. Mais pour l’instant, il n’est pas encore l’agent secret le plus amidonné de l’histoire du cinéma, nous sommes en 1962 et Roger est surtout connu du public pour son interprétation d’Ivanhoé , dans la série du même nom. Ce n’est pas grave parce que, le Saint, on ne peut pas le rater : au début de chaque épisode, on nous le montre avec une auréole qui s’allume sur sa tête.

De Simon Templar (dont nous ne connaîtrons jamais le véritable patronyme), on pourrait dire qu’il se situe entre Bond et Lupin, entre Vidocq et Robin. Un peu détective privé et un peu agent secret, mi-playboy mi-gigolo, avec la malice du voleur et la morale d’un grand seigneur. Ses aventures sont assez rocambolesques et comme sa réputation sulfureuse le précède partout où il va, il est souvent et le premier suspect des affaires qu’il tente de démêler. Au cours des 118 épisodes de la série, il va récupérer des Antiquités volées à Istambul, va croiser pas mal d’espions Russes (époque oblige), part venger un ami au fin fond des Indes, vient à la rescousse d’une star de cinéma, se lance sur la piste de tableaux de Leonard de Vinci, aide à la capture d’un criminel nazi réfugié en Amérique du Sud, infiltre une secte… etc… Et au passage, il embrasse au moins 120 filles.

saint-2.1238767454.jpgSi Simon Templar voyage tout autour du monde, les caméras qui le filment, elles, ne sortent jamais des studios ce qui donne dans certains épisodes quelques plans « exotiques » franchement kitchs. Personnellement, vous le savez, j’adore le charme rétro de ces séries des années 60, avec les belles voitures, les jolies robes et les cravates étroites. À partir de la cinquième saison, la série passe en couleur, ce qui ne gâte rien, au contraire.

volvo-p1800-the-saint.1238767468.jpgComme toujours, j’aime bien consacrer quelques lignes à rappeler les noms de quelques-uns de ces techniciens qui ont patiemment construit les premiers étages de la tour de Babel télévisuelle. Au scénario, je remarque ici, entre autres, Gerald Kesley (The Champions…), Richard Harris (The Avengers, Man in a suitcase…), John Kruse (qui écrira encore des scripts sur le spin-off de la série), Bill Strutton (Doctor Who…) ou le grand Larry Forester (Hart to Hart , Fantasy Island, Matt Houston…). Et à la réalisation, on doit bien une citation à des gens comme Leslie Norman (The Persuaders , The Avengers…), John Llewellyn Mowey (Murder, she wrote…) ou Pat Jackson (The Prisoner…). Et puis si j’ai bien compté, Roger Moore réalise lui-même 9 épisodes.

En 1978, la série ressurgit sous une nouvelle forme, un « spin-off » comme on dit quand on veut faire celui qui s’y connaît. La copie n’est pas vraiment à la hauteur de l’original et si je m’en souviens, c’est uniquement parce qu’étant gamin, j’ai assisté au tournage de quelques scènes d’un épisode qui emmenait ce nouveau Saint dans le Sud de la France (et ça, c’est pour faire celui qui a vécu).

J.B. (The Stain)

« The Saint » est édité en DVD par ITV DVD

Un site en anglais sur la série