Le Grand Ordre de la Serviette : Esprit British et Humour Anglais

Retrouvez le GOS sur :

The Vicar of Dibley

Source : http://720lignes.blog.lemonde.fr, le blog de Joey Basset

001rgehz.1232467483.jpg

Bon, là, il faut que je la joue finement parce qu’après ma note sur « Father Ted », l’évêché me tient à l’œil et en ces temps de crise, je ne voudrais pas saborder mes chances de faire un jour des piges dans « La Vie Catholique ». Donc, je vais commencer par dire que « The Vicar of Dibley » n’est pas une série qui se moque du clergé, ni de la religion, ni des croyants. Mais ne partez pas tout de suite sur votre autre blog préféré, car on peut aussi se marrer sans se moquer.

« The Vicar of Dibley » est une série créée par Richard Curtis, le complice de Rowan Atkinson sur « Blackadder » et « Mr Bean » et écrite spécialement pour Dawn French, la pétillante moitié du célèbre duo « French & Saunders » (avec Jennifer Saunders). Cette seule présentation, vous en conviendrez, suffit à recommander ce programme.

Dawn French interprète donc le rôle principal, celui de Geraldine Granger, une jeune femme nouvellement nommée pasteur dans le petit village de Dibley. Bien en chair et toujours joviale, avec un sérieux péché de gourmandise à confesser, elle est plutôt cool, Geraldine, comme révérend, même assez branchée. Mais ses ouailles rurales ne sont pas forcément aussi progressistes que leur église. À commencer par le premier des paroissiens, David Horton (interprété par Gary Waldhorn), le notable du coin, un riche fermier président du conseil de la paroisse et qui est loin d’être aussi progressiste que son Église. Geraldine va donc devoir batailler pour imposer son style et, par moments, elle n’aura pas trop de toute sa bonne humeur pour garder son sang-froid.

dibley1024.1232467459.jpg De toute façon, même si cette pasteur n’est pas très orthodoxe, elle est quand même la plus sensée du village. Ses paroissiens et paroissiennes ne sont pas seulement ruraux, ils sont spéciaux.

Il y a la jeune et innocente Alice qui n’a pas inventé la poudre (Emma Chambers) et le fils Norton (James Fleet) qui attend que quelqu’un invente le fil à couper le beurre qu’il a dans le crâne. Tous deux sont faits l’un pour l’autre et Géraldine entend bien donner un coup de pouce au destin. Le secrétaire de la paroisse, Franck Pickle (John Bluthal) est tellement ennuyeux et soporifique que même lorsqu’il parle de sa sexualité, personne ne l’écoute. Jim Trott (mon personnage préféré, interprété par Trevor Peacock), commence toutes ses phrases en bégayant « no, no, no, no », Letitia Cropley (Liz Smith) est une horrible cuisinière et Owen Newitt (Roger Lloyd Pack) est un fermier crasseux aux anecdotes aussi dégoûtantes que les plats de Letitia. Bref, une belle brochette de personnages sacrément farfelus.

dibley_071211093205056_wideweb__300x375.1232467434.jpgLe rythme est un peu lent, mais ça n’empêche pas de s’amuser car les situations sont vraiment cocasses et parfois mêmes très drôles.La série évite de se « frotter » de trop près à sa prédécesseuse « Father Ted » et c’est peut-être ce qui lui donne cet air de sitcom gentillette qui peut agacer par moments. On entrevoit ça et là des soupçons de militantisme et Dawn French n’a pas caché que pour préparer la série, elle a rencontré des femmes pasteur et qu’elle entendait aussi parler de leur quotidien, mais cela reste toujours au niveau du clin d’œil.

Mais ressaisissons-nous car après ces deux remarques un peu sévères il faut sauter sur l’occasion pour dire que cette série à bien plus de qualités que de défauts et peut être recommandée sans rougir. 20 épisodes ont été diffusés sur BBC One entre 1994 et 2007, une petite gourmandise salée sucrée légère à grignoter entre deux intégrales d’une « long running sitcom ».

J.B. (The Vicar of Blogey)

La page du site de la BBC consacrée à la série.

Une très belle page (en anglais) avec plein d’infos sur cette série.

« The Vicar of Dibley » est édité en DVD par BBC Video